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Qui étaient Ali Ziri et Arezki Kerfali ?

vendredi 24 février 2012

Ali Ziri était un retraité algérien de 69 ans au moment des faits. Il a travaillé toute sa vie en France et a vécu pendant 50 ans à Argenteuil. Sa famille est restée dans un village en Kabylie (Algérie).

Arezki Kerfali est lui aussi un sexagénaire habitant avec sa famille dans le quartier du Val Sud, domicilié à moins de 300 m du siège de notre association, père de 5 enfants et 3 fois grand-père. Il est de plus handicapé à 60%.

 <br/>Que s'est-il passé le 9 juin 2009 ?

Arezki Kerfali reconduisait Ali Ziri à la résidence des Remparts (foyer Adoma). Ils ont été arrêtés par trois agents de la Police nationale à l’angle de la rue Antonin Georges Belin et Léon Feix. Ce contrôle s’est très mal passé : Ali Ziri est décédé 48 heures après l’interpellation.

 Les expertises médicales

Le 24 juillet 2009, l’Institut médico-légal de Paris a rendu les conclusions de l’autopsie qui a révélé l’existence de 27 hématomes et démontre qu’Ali Ziri
« est mort suite à un arrêt cardio-circulatoire d’origine hypoxique par suffocation et appui postérieur dorsal ».
Arezki Kerfali est lui traumatisé à vie par ce qu’il a vécu. Il est depuis suivi par un psychologue et comble du paradoxe, il doit comparaître le 8 mars devant le Tribunal de Grande Instance de Pontoise pour outrage. Il n’a même pas eu ce droit de citoyen de déposer plainte contre ceux qui l’ont violenté. Ces policiers exercent encore dans le même commissariat, 30 mois après ce drame. Le 15 avril 2011, les nouveaux examens complémentaires réaffirment que « le manque de discernement des policiers a conduit à des comportements qui n’étaient pas sans conséquence sur l’état de santé de M. Ali Ziri ».

La commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) saisie par le collectif a rendu son avis et ses recommandations le 17 mai 2010. Elle a demandé qu’une procédure disciplinaire soit ouverte contre les policiers « qui ont usé de la force de façon disproportionnée et précipitée » pour extraire Ali Ziri de la voiture de police à l’arrivée au commissariat et contre « ceux qui ont laissé deux hommes âgés respectivement de 60 et 69 ans allongés au sol, le visage dans leurs vomissures pendant environ 1 heure sans réagir »

Amnesty International a publié un rapport en novembre 2011 intitulé « notre vie est en suspens ». Les familles des personnes, mortes aux mains de la police attendent que justice soit faite. Ce rapport consacre une large place à l’affaire Ali Ziri, dénonce l’impunité de certains policiers et réclame des enquêtes impartiales.
Le procureur du tribunal de grande instance de Pontoise n’a pas tenu compte de ces éléments accablants pour les policiers. Il vient de rendre un « réquisitoire » définitif de non-lieu dans l’affaire Ali Ziri.

 Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri

Le collectif a vu le jour juste après la mort d’Ali Ziri grâce à la mobilisation de notre association et des membres de la famille d’Ali Ziri. Il est composé d’associations, de partis politiques et d’organisation syndicales et surtout de citoyens dont l’objectif est la vérité et la justice. Plusieurs actions et manifestations ont été organisées depuis ce drame.

 <br/>Le 14 janvier, un tournant dans l'affaire Ali Ziri

A l’appel du collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri, soutenu par Monseigneur Jacques Gaillot, défenseur infatigable des plus vulnérables et Stéphane Hessel, auteur du célèbre livre « Indignez-vous », un rassemblement a eu lieu dans le parc de la Mairie d’Argenteuil, avec la présence importante des Argenteuillais ainsi que des collectifs venus des quatre coins de l’Hexagone et plusieurs journalistes. Avec un moment fort :
une plaque à la mémoire d’Ali Ziri portant l’inscription : « Ali ZIRI, 69 ans, mort le 11 juin 2009 suite à son interpellation par la police nationale ici-même » a été dévoilée par Monseigneur Gaillot, un symbole fort pour le collectif. La plaque ainsi que la gerbe de fleurs ont été entièrement financées par les nombreux manifestants présents à ce rassemblement.

Cette plaque commémorative a provoqué une réaction hostile des deux organisations syndicales de la Police nationale, relayées par le représentant de l’État dans le département et a pris une dimension politique nationale par l’intervention directe du Ministre de l’Intérieur.
Selon des avocats spécialistes du droit de la Presse, la plaque n’est en rien diffamatoire et ne préjuge en rien de la décision de justice à l’égard des policiers impliqués. Sous pression, la municipalité d’Argenteuil a décidé la dépose de la plaque.

Notre collectif se battra pour que toute la vérité autour des circonstances troublantes de la mort d’Ali Ziri soit connue et que les responsables directs ou indirects de ce décès soient jugés afin que la famille d’Ali Ziri puisse faire son deuil. Arezki Kerfali poursuivi pour outrage comparaîtra le 8 mars 2012 au TGI de Pontoise, le collectif sera à ses côtés ce jour là pour le soutenir, la vérité ne peut pas et ne doit pas être enterrée !

Mohamed N.

Cliquez-ici pour consulter le dossier du nouvel observateur sur Ali Ziri

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